Tierra Santa

Glaive et bouclier en main, les employés du parc déguisés en romains tiennent positions aux portes de la terre sainte, ce parc thématique au cœur de la grande Buenos Aires.

 

Une fois passé le portique, les animaux de la création figés dans le plastique scrutent le visiteur. Ce dernier gravite autours d’une succession de scènes automatisées alliant sons et lumières. De la création à la naissance du christ, au dernier repas avec pour final grandiose: la résurrection d’un Jésus de 18 mètres de haut qui surgit d’une colline de métal et toise le public. S’ensuivent trois fois par jours les danses aphrodisiaquement orientalisées des artistes qui se produisent sur la place centrale du parc. 

Sur  la devanture de l’étable amphithéâtre ‘‘Betlem’’ trône en grosse lettre siliconée sous un amas de projecteurs colorés qui sculptent de lumières les similis de murailles rocheuses alambiquées de la terre sainte. Ces dernières occultent la vue des immeubles qui encerclent le parc et résistent au tremblement du balais d’avions qui atterrissent sur le tarmac quelques centaines de mètres plus loin

 

On discerne dans les allées adjacente de la place quelques statue accompagnés d’explicatifs: Gandi côtoie Gutenberg et Martin Luther introduit le passage des artisans. 

 

Le temple de Salomon, le mur des lamentations, l’arche de Noé, le temple Hébreu et la pizzeria ‘‘Salem’’ jouxtent les tracés empruntés par les familles de passage. Touristes, perchistes à selfies et groupes de scouts profitent parfois des commentaires des visites organisées pour écoles et retraités.

 

Des souvenirs et de l’artisanat des symboles et symboliques, Tierra Santa une ile de plastique qui fait figure de temple créationniste a cheval entre propagande et éducation. 

Ici la religion est une expérience divertissante et lucrative.

Copyright Louis Dasselborne ©